Une douche à Buchenwald

38638-des-geoles-de-la-gestapo-a-l-enfer-de-buchenwald-et-dora-dijon-de-henri-arvet-1016431532_MLMaintenant, le bagnard est prêt pour recevoir une douche bien à propos, qui lui donnera un peu de vigueur et de lustre et, après avoir utilisé la serviette qu’on lui remet pour s’essuyer, il gagne la salle de désinfection où il subit un flytoxage en règle sur tout le corps et particulièrement sur les partie les plus charnue. Le groupe alors traverse une cour et se rend au magasin d’habillement.
Aussitôt que nous avons pénétré dans le baraquement, nous sommes soumis aux mêmes servitudes qu’à Buchenwald. Cependant, il y a du changement en ce qui concerne les douches. Nous devons d’abord nous plonger dans un bac en ciment rempli d’une eau très froide. La douche n’est administrée qu’après un temps d’attente assez long. Au début, l’eau est très chaude, puis elle se refroidit graduellement pour devenir tout à fait glacée.
Une fois sortie de la chambre à douches, nous attendons la distribution de nos vêtements désinfectés. Comme ils sortent des étuves, ils sont encore très humides et c’est ainsi que nous les revêtons. Supplice terrible, car on a l’impression d’être enveloppé dans une sorte de linceul glacé et il faudra ensuite regagner le tunnel pour y reprendre le travail.
Chose curieuse, depuis notre arrivée, on n’avait pas encore procédé au rite de la désinfection. Sans doute, ici, nous constituions un ilot bien isolé, sans contact avec les civils, d’où aucun risque de contagion pour eux […] Plus de doute maintenant, il s’agit bien de la désinfection.
Henri Arvet (déporté français) – Extraits de « Des geôles de la Gestapo de Dijon à l’enfer de Buchenwald et Dora » (1948) – Acheter le livre
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