Le vrai sens politique réclame de la patience

patience-2Celui qui veut, dans la société civile, non seulement la justice, mais toute la justice et tout de suite, celui-là n’a pas le sens politique.
Il ne comprend pas que la vie de la cité se développe dans le temps et qu’une certaine durée est indispensable pour corriger et améliorer ; surtout il ne comprend pas l’inévitable intrication de bien et de mal à laquelle, de fait, la cité humaine se trouve condamnée, depuis le bannissement définitif du Paradis de justice et d’allégresse.
Vouloir détruire immédiatement toute injustice c’est déchaîner des injustices pires.
Qu’on se souvienne de Don Quichotte et de sa folle intervention pour délivrer les prisonniers que l’on conduisait aux galères. Sa générosité inconsidérée pour empêcher les violences et secourir les malheureux n’aboutit à d’autres résultats que d’aggraver les violences et les malheurs.
Il n’y a pas, de soi, de bien politique dans le donquichottisme, encore que, concrètement, toute cité qui n’est pas agitée et soulevée par beaucoup de Don Quichotte ne tarde pas à s’engloutir et à se décomposer.
Père Calmel (1914-1975) – Sur nos routes d’exil : les Béatitudes
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