Le nouveau culte de la nouvelle religion conciliare

PapePassons maintenant, si vous le voulez bien, au nouveau culte, qui correspond au nouveau dogme.
1. — Ce n’est pas le sacrifice de la croix qui est l’acte principal de la rédemption, mais la résurrection et l’ascension de Notre-Seigneur
Eh bien ! tout d’abord, dans le nouveau culte, on nous dit que l’acte principal de la rédemption de Notre-Seigneur, sa première messe qu’il a célébrée sur la croix après la messe de la Cène, donc l’acte principal de la rédemption, ne consiste pas dans la croix du Sauveur, mais plutôt dans la résurrection glorieuse et l’ascension de Notre-Seigneur.
Ce serait par sa résurrection et son ascension que Notre-Seigneur nous sauverait. En effet, Dieu couronne l’œuvre de la rédemption et manifeste pleinement son amour, l’amour du Père envers nous, en ressuscitant son Fils, puisque Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. Un point c’est tout. C’est ce que déclare le pape Jean-Paul II. Donc, la croix du Christ est un événement plutôt secondaire dans la rédemption, l’œuvre essentielle étant la résurrection et l’ascension du Sauveur.
2. — Le sacerdoce de Notre-Seigneur est principalement céleste
Ensuite, on nous dit que l’acte principal du sacerdoce de Notre-Seigneur Jésus-Christ – Notre-Seigneur Jésus-Christ comme prêtre – ne consiste pas dans l’offrande sanglante de son sacrifice sur la croix, mais, essentiellement, dans son sacerdoce céleste, par lequel donc, traversant la tente du sanctuaire céleste, il se présente à son Père avec son sang.
Donc, on va nier que l’acte principal du sacerdoce soit l’offrande du sacrifice de Notre-Seigneur sur sa croix. On va mettre l’accent sur le sacerdoce céleste ; et ceci ce n’est pas nouveau : dès 1958, c’était professé par le père Joseph Lécuyer, futur successeur de Mgr Lefebvre à la tête de la congrégation des Pères du Saint-Esprit. Ces hérésies datent d’avant le Concile ; elles ont été propagées par le Concile et après le Concile.
3. — La messe est le mémorial de tous les hauts faits de la vie du Christ
Ensuite, on nous dit que la messe n’est pas le renouvellement non sanglant de la passion, non, on ne peut plus dire ça : la messe est le mémorial de tous les hauts faits du Christ au cours de sa vie, donc, non pas seulement de sa passion, mais aussi de sa résurrection, de son ascension et, pourquoi pas, de son incarnation, de sa présentation au Temple, enfin, bref, tous les hauts faits du Christ.
Il s’agit d’en faire mémoire, et c’est cela qui fait la messe ! Or, notre catéchisme nous enseigne – quand même ! – que c’est bien la consécration qui réalise la messe, et la théologie la meilleure nous expose, en effet, que ce qui est signifié par la consécration séparée du pain et du vin, donc du corps et du sang du Christ, ce qui est signifié est produit mystérieusement : une immolation sacramentelle est réalisée, à savoir, la séparation du corps et du sang, par la puissance même des paroles du prêtre ; sous l’apparence du pain est directement le corps, tandis que sous l’apparence du vin est directement le précieux sang du Christ.
Certes, non pas séparés réellement puisque, par concomitance réelle, ils sont tous les deux sous chacune des deux espèces, mais il n’en reste pas moins que par la force des paroles, ce qui est réalisé, c’est bien une séparation du corps et du sang du Christ, séparation sacramentelle. Par conséquent, on nie absolument le rôle de la consécration à la messe. Il s’agit simplement d’un mémorial.
4. — La messe est valide même sans les paroles de la consécration
Ensuite, la messe, nous dit-on – c’est le cardinal Ratzinger qui a découvert ceci il y a quelques mois –, la messe est valide même sans les paroles de la consécration. Oui, vous avez tous lu cela, on vous l’a expliqué ; c’est une déclaration récente du cardinal Ratzinger avec sa Commission théologique internationale : la messe est valide même sans les paroles de la consécration ! Voilà.
Alors, à quoi bon un prêtre ? En effet, le peuple chrétien peut célébrer la messe, le prêtre ne sert guère à rien puisque il n’y a pas besoin de prononcer les paroles de la consécration pour que la messe soit valide. Même dépourvue des paroles du Christ, la messe vaut, la messe est valide !
5. — L’action liturgique communautaire objective les mystères du Christ et spécialement son mystère pascal
Ensuite, on nous dit que le Christ, au cours de la messe, est rendu présent, oui, mais rendu présent avec tous ses mystères salvifiques et non pas par « l’œuvre magique » de la consécration – qui est une œuvre « magique » –, mais par le vécu de l’action liturgique communautaire qui objective les mystères du Christ. Ainsi donc, le mystère du Christ, en particulier le mystère pascal, devient le mystère du culte.
Voilà ce qu’on nous dit, en particulier Annibal Bugnini, cheville ouvrière de la réforme liturgique. Donc, il ne s’agit pas de consacrer le corps et le sang du Christ, mais d’évoquer ensemble, activement, communautairement, liturgiquement, tout le mystère du Christ, en particulier son mystère pascal – donc, en mettant en évidence la résurrection et l’ascension du Christ.
6. — Le sacerdoce commun des fidèles
Enfin, dernière hérésie, bien chers fidèles – je suis vraiment désolé de ce flot d’hérésies qui est à peine digne d’un sermon évidemment –, le sacerdoce commun des fidèles s’exerce au cours du mémorial eucharistique. Il convient donc de donner une plus grande place à la participation active des fidèles pour qu’ils puissent exercer leur sacerdoce commun, le prêtre devant simplement présider ces paroles du mémorial.
Conclusion : La nouvelle religion est une gnose
Je conclus : tant dans ses dogmes que dans son culte, la nouvelle religion a vidé notre religion catholique de sa substance. La passion de Notre-Seigneur ne sert qu’à révéler d’une façon très intellectuelle et abstraite l’amour de Dieu le Père pour nous. Quant à l’amour du Christ pour son Père ou pour nous autres, on n’en sait rien. Et puis, d’autre part, le culte chrétien est seulement une mémoire : prendre conscience, en somme, de la grande œuvre des hauts faits du Christ, en prendre tellement conscience que cette œuvre devienne présente dans l’assemblée en prière, comme une auto-conscientisation commune.
Cette nouvelle religion n’est rien d’autre, bien chers fidèles, qu’une gnose. Je pense que c’est le mot qui la caractérise parfaitement, puisque c’est une religion sans péché, sans justice, sans miséricorde, sans pénitence, sans conversion, sans vertu, sans sacrifice, sans effort, mais simplement une auto-conscientisation. C’est une religion purement intellectualiste, c’est une pure gnose.
Alors, bien chers futurs diacres et prêtres, soyez assurés que je ne vous ordonne ni diacres, ni prêtres, pour être des diacres et des prêtres de cette religion gnostique. Et je suis persuadé que telle était aussi votre intention de recevoir aujourd’hui le sacerdoce catholique, des mains de l’Église catholique, et non pas de recevoir un sacerdoce gnostique des mains de je ne sais quel système gnostique.
Rejetons avec horreur, bien chers fidèles, bien chers ordinands, cette religion naturaliste, intellectualiste, qui n’a rien à voir avec la religion catholique, et soyons, au contraire, bien fermement, toujours plus fermement persuadés de la raison de notre combat, de la raison de notre sacerdoce.
Chers ordinands, vous êtes fiers de recevoir votre sacerdoce dans l’Église catholique, de la main d’un évêque catholique, de tous ces évêques qui se sont succédé en transmettant le sacerdoce catholique dans sa pureté doctrinale, d’où découle sa véritable charité pastorale. Soyez heureux, aujourd’hui, de recevoir ainsi dans l’Église catholique, le sacerdoce catholique de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le sacerdoce d’un Padre Pio, le sacerdoce de tous les saints prêtres, d’un saint Curé d’Ars, le sacerdoce des apôtres, le sacerdoce qu’a vécu auprès des apôtres la très sainte Vierge Marie dont nous fêtons aujourd’hui une jolie fête. Eh bien, supplions la très sainte Vierge Marie, mère du sacerdoce, mère des prêtres – mère du Grand Prêtre et mère des prêtres – de nous garder bien fidèles au sacerdoce catholique, afin de communiquer la religion catholique.
Mgr Tissier de Mallerais – FSSPX (2002)
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