Beaucoup de prêtres se damnent pour l’éternité

FeuDans les derniers entretiens, nous avons fait voir que les prêtres doivent être saints, qu’ils doivent être animés de l’esprit ecclésiastique, qu’ils doivent être appelés de Dieu, et qu’ils doivent répondre à leur vocation par une application fidèle à leur ministère.
 
En établissant ces grandes vérités, nous avons pu connaître, par les réflexions que nous avons faites, qu’il y a peu de prêtres que répondent à toutes ces obligations ; d’où j’infère une conséquence bien terrible, qu’il y a peu de prêtres sauvés. 

C’est la conséquence que les saints pères [les Pères de l’église] ont tirée, en considérant d’un côté les grandes obligations des prêtres, et de l’autre le peu de fidélité qu’ils avaient à répondre à toute leur étendue.
 
Je crois qu’il est très important que nous fassions une sérieuse réflexion sur cette vérité terrible et épouvantable qu’il y a peu de prêtres sauvés.
 
Si cette vérité était bien méditée et bien gravée dans notre esprit, on ne se presserait point tant pour entrer dans le sacerdoce, on y entrerait avec plus de précautions qu’on ne fait, on s’appliquerait avec plus de zèle aux fonctions de son ministère, et l’on ferait tous ses efforts pour persévérer dans le service de Dieu et de son Eglise.
 
Ne croyez pas que je veuille vous épouvanter sans fondement. Lorsque je dis qu’il y a peu de prêtres sauvés, ce n’est pas de moi-même que je l’avance, je ne le dis qu’après un grand saint et un grand docteur de l’église, qui assure, après de sérieuses réflexions et dans une parfaite conviction, qu’il y a peu de prêtres sauvés, et qu’il y en a beaucoup plus qui périssent et qui se damnent : c’est saint Jean Chrysostome écrivant sur les Actes des Apôtres ; voici comment il parle :
 
« Je ne parle point, dit ce saint, témérairement et sans fondement, ce n’est pas par exagération que je m’en explique, mais je m’explique suivant mes sentiments et suivant la conviction et la persuasion où je me trouve ; je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de prêtres sauvés et je crois qu’il y en a beaucoup plus de ceux qui se damnent que de ceux qui se sauvent. »
 
Remarquez comme ce saint docteur dit que le nombre des prêtres damnés surpasse de beaucoup celui de ceux qui sont sauvés. Qui de nous, à présent, ne tremblera pas en entendant cette terrible vérité ?
 
Louis Tronson, prêtre (1622-1700), successeur de Monsieur Olier [prêtre] ami de saint Vincent de Paul à la tête de la Compagnie de Saint Sulpice Institut dévoué à la formation des prêtres – Entretiens et méditations ecclésiastiques – éd. Rusand, Paris, 1826
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