Les mauvais catholiques sont-ils toujours catholiques ?

400px-Catechisme_du_concile_de_trente_1906_titreIl y a dans l’Eglise deux parties principales : l’une que l’on appelle triomphante, et l’autre militante.
L’Eglise triomphante est cette Société si brillante et si heureuse des esprits célestes, et de tous ceux qui ont remporté la victoire sur le monde, la chair, et le démon notre ennemi acharné, et qui maintenant délivrés sans retour des misères de la vie, jouissent de la Béatitude éternelle.
L’Eglise militante est la Société de tous les Fidèles qui vivent encore sur la terre. On l’appelle militante parce qu’elle est obligée de soutenir une guerre incessante contre les ennemis les plus cruels, le monde, la chair et Satan.
Toutefois, il ne faut pas pour cela croire qu’il y a deux Eglises. non, l’Eglise est une, mais elle est composée de deux parties.
De ces deux parties, l’une a précédé l’autre, et elle est déjà en possession de la céleste Patrie. La deuxième marche chaque jour à la suite de la première, jusqu’à ce que, enfin, elle se réunisse à notre Sauveur, et se repose au sein de l’Eternelle Félicité.
L’Eglise militante renferme deux sortes de personnes, les bons et les méchants.
Les méchants participent aux mêmes Sacrements et professent la même Foi que les bons ; mais ils diffèrent d’eux par la conduite et les mœurs.
Les bons ne sont pas ceux qui sont unis seulement par la profession de la même Foi et la participation aux mêmes Sacrements, mais ceux qui sont attachés les uns aux autres par l’esprit de Grâce et le lien de Charité. C’est d’eux qu’il est dit : Le Seigneur connaît ceux qui sont à Lui.
Les hommes peuvent bien aussi, d’après certaines conjectures, présumer qui sont ceux qui doivent être rangés parmi les bons, mais ils ne peuvent jamais l’affirmer avec certitude. Aussi faut-il se garder de penser que Notre-Seigneur Jésus Christ a voulu parler de cette portion de l’Eglise, lorsqu’il nous renvoie à l’Eglise et nous ordonne de lui obéir.
Puisqu’elle est inconnue, comment savoir, sans crainte de se tromper, à quel tribunal il faudra recourir, et à quelle autorité on devra se soumettre ? L’Eglise comprend donc indistinctement les bons et les méchants, comme la sainte Ecriture et les Pères nous l’enseignent, et comme l’Apôtre le marquait en disant : Il n’y a qu’un corps et qu’un esprit. Ainsi entendue, l’Eglise est connue de tout le monde. C’est la ville située sur la montagne, et que l’on aperçoit de toutes parts.
Elle ne doit être ignorée de personne, puisque tous doivent lui obéir. Et ce qui prouve encore qu’elle comprend non seulement les bons, mais même les méchants, c’est ce que l’Evangile nous apprend par plusieurs paraboles, par exemple quand il nous dit que le Royaume des cieux, c’est-à-dire l’Eglise militante, est semblable à un filet jeté dans la mer, à un champ dans lequel on a semé l’ivraie sur le bon grain, à une aire où l’on garde la paille avec le froment, à dix vierges dont les unes sont folles, et les autres prudentes. Et, longtemps auparavant, l’Arche de Noé où étaient renfermées toutes les espèces d’animaux, purs ou impurs, était déjà la figure et l’image de l’Eglise.
Cependant quoique la Foi catholique enseigne comme une vérité constante et hors de doute, que les méchants aussi bien que les bons font partie de l’Eglise, elle veut aussi que l’on montre aux Fidèles combien leur condition est différente. Les méchants en effet ne sont dans l’Eglise que comme la paille confondue dans l’aire avec le bon grain, ou comme des membres morts sur un corps vivant.
III. — QUI SONT CEUX QUI N’APPARTIENNENT PAS A L’ÉGLISE.
De ce que nous venons de dire, il résulte que trois sortes de personnes seulement sont exclues de l’Eglise : premièrement les infidèles, ensuite les hérétiques et les schismatiques, et enfin les excommuniés.
Les infidèles, parce que jamais ils n’ont été dans son sein, qu’ils ne l’ont point connue, et qu’ils n’ont participé à aucun Sacrement dans la société des Chrétiens.
Les hérétiques et les schismatiques, parce qu’ils l’ont abandonnée, et que dès lors ils ne peuvent pas plus lui appartenir qu’un déserteur n’appartient à l’armée qu’il a quittée. Cependant, on ne saurait nier qu’ils ne restent sous sa puissance. Elle a le droit de les juger, de les punir, de les frapper d’anathème.
enfin les excommuniés, parce qu’elle les a chassés de son sein par sa Communion, tant qu’ils ne se convertissent pas.
Pour tous les autres, quelque méchants et quelque criminels qu’ils soient, il n’est pas douteux qu’ils font encore partie de l’Eglise. Et c’est une vérité qu’on ne saurait trop redire aux Fidèles, afin que si par malheur la vie de leurs Chefs spirituels devenait scandaleuse, ils sachent bien que même de tels Pasteurs appartiendraient toujours à l’Eglise, et ne perdraient rien de leur autorité.

Catéchisme du Concile de Trente (1566) – chapitre 10
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