Bouddha a-t-il réellement existé ?

stickers-geant-deco-bouddhaL’histoire religieuse de l’Asie centrale et de l’Inde se présente à nos regards occidentaux comme doublement handicapée. En effet les populations de ces pays sont sans histoire, sans chronologie, sans annales, sinon quelques chroniques de familles princières aux Indes, mais plus ou moins légendaires. Les peuples de l’Inde ont vécu en marge de notre civilisation occidentale. Il est donc bien difficile de situer par rapport à nous leurs monuments, leurs écrits, leurs légendes.
La tentation bien naturelle des archéologues et des historiens fut de créer de toutes pièces une chronologie et des cadres historiques pour y insérer leurs découvertes et essayer de les confronter avec l’histoire de notre Occident. Ce faisant, ils furent souvent amenés à modifier leurs jugements et leurs observations sur les trouvailles qu’ils avaient pu rassembler pour les faire cadrer avec leurs chronologies et lorsque la chose apparaissait difficilement réalisable, ils eurent beaucoup de mal à revoir leurs cadres.
Les découvertes archéologiques et paléographiques plus récentes, celles du début de notre siècle en particulier, auraient dû provoquer une remise en cause de ces constructions en partie arbitraires, mais les historiens continuèrent à faire référence à leurs prédécesseurs, quitte parfois à marquer des doutes et des points d’interrogation ici ou là.
Dans les pages qui vont suivre nous ne prétendons pas révéler des documents nouveaux, ni des faits incertains ou discutables. Nous nous contenterons de rassembler dans un ordre nouveau une grande quantité de découvertes récentes, déjà bien connues, au moins pour les spécialistes de l’Asie. Nous nous efforcerons de rejeter les chronologies reçues dans les manuels classiques, pour faire apparaître des aspects nouveaux et inattendus auxquels les regards n’étaient pas habitués. Alors nous verrons se dessiner sous nos yeux un tableau inédit des origines du Bouddhisme.
Une deuxième difficulté devra être levée. Parce que l’Asie centrale nous paraît mystérieuse, lointaine et inconnue, certains indianisants ont voulu en faire le berceau de toutes les civilisations, le point de départ de toutes les religions, le séjour de la divinité primitive, celle qui a initié nos premiers parents à une révélation mystérieuse d’où sont issues toutes les formes religieuses répandues à travers le monde. C’est bien le sens et le contenu de toute une littérature indianisante qui encombre actuellement les rayons des libraires.
Or l’examen des faits montre à l’évidence qu’il n’en est rien. L’Asie centrale et l’Inde ont été civilisées par l’Occident. Ce mouvement colonisateur est parti de l’Ouest et s’est répandu au cours des siècles sur l’Asie.
Avant les expéditions d’Alexandre, les Perses de Darius avaient envahi et colonisé la vallée du Sind où ils avaient établi une satrapie du Grand Roi. Les monuments de l’Inde rappellent ceux de la Babylonie et de la Perse. A la suite des Perses, les Grecs d’Alexandre établirent dans le Pendjab des royaumes grecs et pendant plusieurs siècles ces Grecs vont développer sur toute l’Asie centrale une civilisation hellénique, celle des royaumes de Bactriane et de Sogdiane qui ont laissé dans les manuscrits indous le souvenir des Yavanas et dans les monuments de l’Inde la marque de l’influence grecque et romaine.
Le comte Goblet d’Alviella a démontré cette œuvre civilisatrice dans son ouvrage : « Ce que l’Inde doit à la Grèce« , autant dire tout l’essentiel de sa civilisation, depuis la sculpture, la peinture, jusqu’à la littérature et même l’art dramatique.
A partir du début de l’ère chrétienne, l’invasion des Scythes et des Parthes, les Palavas des manuscrits de l’Inde, provoqua un bouleversement des influences occidentales. Ces Parthes et ces Scythes sont venus du sud de la Russie ; ils ont conquis les royaumes de l’Inde, mais ils en ont conservé et respecté la civilisation. Ils l’ont répandue en Asie centrale.
Scythia-Parthia_100_BCDès le deuxième ou le troisième siècle de notre ère, ils ont constitué un pont entre l’Inde et les pays nouvellement convertis au Christianisme. Nous verrons que ces royaumes scythes sont à l’origine de l’expansion du Bouddhisme à travers l’Asie.
Nous assistons donc bien là à un mouvement civilisateur venu de l’Occident qui se répand sur l’Asie. En effet, si nous constatons au cours des siècles des mouvements migrateurs de populations venues d’Asie du Nord en direction de sud et de l’Europe, nous constatons également que ces peuples, en émigrant, saccagent et détruisent tout sur leur passage, mais qu’une fois stabilisés et fixés au sol, ils subissent une influence civilisatrice d’origine occidentale, grecque, latine et chrétienne. Et ceci est fondamental pour comprendre l’origine et l’expansion du Bouddhisme.
Prétendre que le Bouddhisme est à l’origine des religions de l’Asie occidentale, c’est bâtir une hypothèse sur du vide. Si les Perses, les Grecs et les Scythes ont occupé pendant des siècles le nord-ouest de 1’Hindoustan, si des communautés chrétiennes se sont établies dans les Indes et l’Asie centrale, l’Europe n’a jamais subi d’invasion indienne, ni connu d’église bouddhique. Les monuments de l’Inde témoignent d’une influence persane et grecque ; par contre aucun monument de l’Asie mineure ou de l’Egypte ne rappelle le style des Indous.
Nous ne trouvons aucune mention d’un culte bouddhique dans toute la littérature ancienne latine, grecque ou orientale avant le deuxième siècle de notre ère, à une époque où les contacts entre ces deux pays étaient nombreux. La première mention d’un Botta auquel les Indous rendent un culte divin se trouve dans les « Stromates » de Clément d’Alexandrie, dont la rédaction remonte peut-être à la fin du second siècle de notre ère.
Affirmer l’existence d’un Bouddha qui aurait vécu au Ve ou au VIe siècle avant Jésus-Christ, c’est construire sur du vide. Il n’existe pas le plus petit commencement de preuve d’une telle assertion. Max Muller, dans son livre sur l’Inde, écrit : « Toute ma vie, j’ai cherché par quels moyens le Bouddhisme aurait agi sur le Christianisme. Ces moyens, je ne les ai pas trouvés. »
Etienne Couvert – La Gnose universelle (1993)
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