Comment l’immonde Léo Taxil a perverti le petit peuple catholique

220px-Leo_TaxilLa guerre antireligieuse n’était là que pour masquer la plus abominable spéculation, le désir de s’enrichir en corrompant et en souillant les âmes.
Dans cet ordre d’idées, Léo Taxil publia « la Prostitution« , un livre qui est recherché aujourd’hui à cause des gravures qui, sans valoir celles de Rops, un maître dans le genre diabolique, ont le don d’exciter les amateurs de ces sortes de produits ; on saisit l’ouvrage, il protesta en déclarant qu’il avait bien le droit de mettre en vente un livre d’anatomie.
Il chercha, cependant, un autre moyen de faire de la pornographie sans danger et le trouva avec « les Manuels des Confesseurs ». On sait ce que sont ces manuels ; ils sont chargés d’initier à tout ce prêtre qui doit être chaste par état et ne rien ignorer non plus des fautes ou des vices de l’humanité ; ils prévoient tout, ils sont complets comme un livre de clinique. Parfois ils exposent comme cas de conscience des tableaux qui font songer à quelque article de la Vie parisienne, comme le cas de Blaisine par exemple.
Blaisine, qui n’ose demander catégoriquement le devoir à son mari, lui fait comprendre par ses regards, par ses caresses, par son attitude, qu’elle le désire. Jacques, qui le voit bien, est-il obligé en conscience de le lui rendre ?
Réponse. Il en est de Jacques comme d’un débiteur qui sait que son créancier souffre, quoiqu’il n’ose par bonté ou timidité lui réclamer son dû. Comme donc le débiteur est tenu en ce cas de payer son créancier, quand il le peut, de même Jacques doit rendre le devoir à Blaisine, si cela lui est possible.
Il n’en est pas ainsi de la femme, à parler généralement ; parce que, dit Saint Thomas, les hommes n’agissent pas avec la même discrétion pour demander le devoir à leurs femmes. Cependant, comme il y a des maris que l’inégalité des conditions, la fierté de leurs femmes, une timidité naturelle, mettent dans le cas de Blaisine, leurs épouses sont obligées de se rendre à leurs désirs, quoique tacites et indirects.
Parfois aussi ces manuels doivent toucher à un domaine qui fait partie de la mission sociale du prêtre. Nous avons déjà constaté la légitime émotion produite par ces désolantes statistiques du docteur Lagneau qui affirme, à l’aide de chiffres irrécusables, la natalité toujours décroissante de la France, l’infécondité volontaire de ce peuple qui fait quatre fois moins d’enfants que les peuples voisins, les Allemands, les Anglais, les Russes.
Pour le salut même de la Patrie, le prêtre doit rappeler à ceux qui s’adressent à lui le véritable but du mariage et la signification de la parole de l’Ecriture : « Croissez et multipliez ! » Il doit répéter aux chrétiens qui s’efforcent par tous les moyens d’éviter la charge des enfants, ce que le poète Martial disait aux païens de son temps : Quod perderis homo est.
Quelque délicat que soit le sujet, l’Église, en un mot, doit se préoccuper de tout ce qui touche à la perpétuité de l’espèce humaine ; dans l’intérêt même de notre race française, elle doit parler, pour en condamner l’emploi, de ces frêles rubans que certains disciples de Malthus, vont acheter, dans les environs du Palais-Royal à un gros homonyme de l’ancien duc de Serbie. (…)
Nul n’avait songé à retirer ces livres de l’armoire secrète pour laquelle ils étaient faits ; la plupart des laïques en ignorent même l’existence. Taxil, ancien élève de séminaire, savait qu’ils existaient et il eut la monstrueuse idée de les mettre à la disposition des jeunes hommes et des jeunes filles.
Cela s’appelle « les Livres secrets des confesseurs dévoilés aux pères de famille », le fameux livre lancé par la Lanterne, « seule édition complète publiée par M. Léo Taxil, et contenant les Diaconales de Mgr Bouvier, le Compendium et la Moechialogie ou Cours de luxure, traité des péchés d’impuretés et de toutes les questions matrimoniales par le R. P. Debreyne, religieux trappiste. »
Dans cette œuvre de scélératesse, Taxil fut véritablement infernal. A cinq francs, le volume lui semblait encore trop cher ; pour arriver jusqu’aux petits, révéler tous les secrets de la Débauche, il publia un volume à un franc cinquante et il en inonda la France (Les Pornographes sacrés : la Confession des Confesseurs, par M. Léo Taxil ; en vente chez tous les libraires.)
Vous voyez l’effet produit par ces lectures dans les milieux populaires. (…)
Des milliers d’êtres, jusqu’alors innocents, eurent, grâce à ces livres, la révélation de mystères turpides, de vices insoupçonnés, de raffinements inconnus dans le mal. Il ne s’agissait plus seulement de l’attraction passionnelle qui, au printemps, lorsque les oiseaux chantent dans les nids et que la Nature est en amour, a toujours, depuis que le monde est monde, fait courir Daphnis après Chloé et Pierre après Françoise. C’était autre chose.
Tous, désormais, pouvaient avoir accès dans le musée de Naples ; devant des enfants de douze ans on tirait le rideau des alcôves où des courtisanes, expertes en toutes les prostitutions, avaient quintessencié la Débauche. Pour un franc, les Sodome et les Lesbos se racontaient devant la jeunesse.
Grâce à la propagande maçonnique et à la publicité de la Lanterne, on trouvait ces livres partout et on les retrouve encore, car Taxil, qui nous raconte qu’il a dépensé 5 000 francs pour meubler « un petit coin », n’a jamais songé à retirer ces infamies de la circulation.
On rencontre ces malpropretés dans les moindres hameaux, noircies par les mains calleuses qui les ont feuilletées, maculées de taches de vin ; elles ont pris la place qu’occupaient jadis sur la tablette le livre de messe, le catéchisme et l’almanach de Mathieu Laënsberg qui suffisaient à nos bons ancêtres.
Parfois, un père de famille a honte ; il a acheté le volume parce qu’on y attaquait les curés et il est dégoûté de ce qu’il lit ; il jette l’œuvre ignoble au grenier ; un enfant la retrouve, la lit et, en cachette, la fait lire à ses petits camarades…
Edouard Drumont – Le testament d’un antisémite (1891)
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