Il n’y a pas de bonheur parfait ici-bas

quote-il-n-y-a-pas-de-bonheur-parfait-dit-l-homme-quand-sa-belle-mere-mourut-et-qu-on-lui-presenta-la-jerome-k-jerome-173428Les biens de ce monde seuls, richesses, honneurs, plaisirs, ne peuvent nous rendre heureux ; car ils ne peuvent rassasier notre âme, au contraire ils empoisonnent souvent la vie et nous abandonnent enfin à la mort.
Les biens terrestres nous trompent : ce sont des bulles de savon, irisées des plus brillantes couleurs, mais qui ne sont que des gouttes d’eau. Ils ressemblent aussi à ces fruits artificiels en cire, souvent plus beaux à l’œil que les véritables, mais décevants pour celui qui voudrait les goûter.
Les plaisirs du monde sont tout aussi trompeurs (Weninger). Ils ressemblent à une goutte d’eau jetée sur le feu ; loin de l’éteindre, elle le fait flamber davantage ; de même les plaisirs excitent plus fort les passions sensuelles.
L’homme est né pour Dieu et le bonheur du Ciel, comme le poisson pour l’eau : enlevez-le de l’eau, il se débat, se replie, se tord, malgré les appâts que vous mettrez devant lui ; il veut rester dans son élément, c’est là seulement qu’est pour lui la vie et la satisfaction.
Il en est de même pour l’homme quand il s’éloigne de Dieu (Deharbe). Aussi saint Augustin s’écrie-t-il : « Notre cœur est inquiet, Seigneur, jusqu’à ce qu’il se repose en vous ! « 
Les biens et les plaisirs de ce monde ne peuvent pas rassasier notre âme. Celle ci a besoin de nourriture, comme le corps, et elle ne peut être rassasiée par rien de corporel, comme le corps ne peut être rassasié par rien de spirituel (Ketteler). Aussi le Christ dit-il à la Samaritaine : « Celui qui boira de cette eau aura de nouveau soif. » (S. Jean IV, 13.)
On rassasie l’âme avec des richesses aussi peu qu’on éteint le feu avec du bois, de l’huile, de la poix, ou qu’on étanche sa soif avec du sel. (S. Bonav.)
Dans la Rome païenne, au commencement de l’Empire, quand la richesse et le luxe prirent un essor extraordinaire, les suicides augmentèrent dans une proportion effrayante. Qu’en conclure ? « C’est que l’homme ne peut trouver la paix du cœur que dans la connaissance de la vérité et la sainteté de la vie« . (S. Aug.)
Les biens de ce monde empoisonnent même quelquefois la vie. Que de soucis n’a pas un riche ! Les richesses sont comme des épines ; quiconque y attache son cœur se cause des douleurs semblables à celles de l’homme qui serre des épines dans ses mains. (S. J. Chrys.)
De même que chaque goutte d’eau douce se mêle aux ondes amères et salées de l’Océan, ainsi la douceur des plaisirs mondains se transforme en amertume. (S. Bonav.)
Mais c’est surtout quand ces plaisirs sont coupables qu’ils jettent dans le malheur, tel le fruit défendu du paradis. L’homme est alors semblable au poisson qui se laisse prendre à l’hameçon ; la jouissance passagère est suivie d’une cuisante douleur. (S. Aug.)
Les jouissances coupables du monde sont les baies vénéneuses qui ont l’air d’une nourriture délicieuse, mais dont l’usage produit de grandes souffrances et souvent la mort. « Le monde est l’ennemi de ses amis. » (Segneri.)
Les biens temporels nous abandonnent à la mort. Nous n’emporterons rien au-delà de la tombe. (I, Tim. VI, 7). Le monde passe avec ses attraits. (I., J. 2, 17.) De là les paroles de Salomon : « Vanité des vanités, tout n’est que vanité. » (Eccl. 2.)
Quand le pape est couronné on allume une mèche d’étoupes et chante : « Saint-Père, c’est ainsi que passe la gloire du monde ! »
L’homme n’a, en somme, que le sort de l’araignée. Elle passe des jours à tirer de sa substance les fils de sa toile pour prendre une mouche, un insecte. Puis survient une domestique, qui, d’un coup de balai, enlève la toile et souvent tue l’araignée.
De même l’homme se tourmente pendant des années pour obtenir un bien, une place, le coeur d’une personne, puis survient un obstacle, une maladie, et enfin la mort ; tous les projets sont ruinés et toute la peine a été inutile. (Hunolt.)
Le ver-luisant brille pendant la nuit, mais le jour il est noir et se cache ; les plaisirs mondains lui ressemblent, ils brillent durant la nuit de cette vie passagère et leur splendeur disparaît au grand jour du jugement. (S. Bonav.)
Catéchisme catholique populaire – François Spirago – 1903
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