La position sage de la Sainte Eglise Catholique sur la consommation d’alcool

weddingpic.info_bthree-glasses-of-champagneI] Les spiritueux, pris modérément, ne sont pas nuisibles aux hommes faits et de bonne santé
Très peu d’alcool peut ne pas nuire au corps ni à l’esprit. Des médecins expérimentés prétendent qu’un homme bien portant peut prendre chaque jour, sans préjudice pour sa santé, quelques grammes d’alcool ; ils disent qu’un peu d’alcool sépare les mucosités du suc gastrique, augmente l’appétit et, pris après le repas, facilite la digestion.
Il est prouvé aussi que ceux qui en boivent modérément, atteignent un âge avancé aussi facilement que ceux qui s’abstiennent absolument des spiritueux. Dans certaines circonstances, l’alcool peut être même un remède : celui qui a été mordu par un serpent venimeux, peut sauver sa vie en buvant beaucoup d’alcool, et les boissons fortement alcoolisées ont rendu de grands services contre l’influenza.
L’alcool, pris modérément, n’est point, par lui-même, nuisible à l’esprit ; il peut même lui être utile en l’excitant, en l’éveillant, en l’égayant ; il est même assez du reste surprenant que les peuples habitués aux boissons alcooliques hygiéniques, sont supérieurs en civilisation aux Mahométans et aux Bouddhistes auxquels leur religion les défend.
Les adversaires à outrance de l’alcool doivent du reste remarquer que les boissons qu’ils recommandent pour le remplacer, contiennent aussi un poison (la caféine), par exemple le café, le thé, le chocolat.
Néanmoins il faut interdire absolument l’alcool : 1) aux jeunes gens jusqu’à 14 ans, parce que l’alcool, même en petite quantité, arrête leur développement intellectuel et corporel ; 2) aux buveurs, parce qu’ils retombent dans leurs anciennes mauvaises habitudes, s’ils ne s’en abstiennent pas totalement ; 3) à certains malades ; 4) enfin aux apôtres de la tempérance qui n’obtiendront aucun résultat s’ils ne prêchent pas d’exemple.
II] Les boissons spiritueuses ne constituent pas un aliment
L’alcool ne nourrit pas : on s’imagine qu’il nourrit, parce qu’il assoupit la sensation de la faim comme l’opium ; l’unique effet de l’alcool est de développer dans le corps un dépôt graisseux maladif. L’idée que la bière est un pain fluide, est absolument fausse ; dans un verre de bonne bière de Bavière il y a 87 pour cent d’eau, 8 de malt et 5 d’alcool : un morceau de pain nourrit plus qu’un litre de bière.
L’alcool ne fortifie pas, il engourdit le sentiment de la fatigue, excite d’abord, puis abat et porte au sommeil; après avoir pris de l’alcool, les ouvriers se sentent forts, mais ils ne tardent pas à éprouver la fatigue et sont incapables d’un travail soutenu. Les cyclistes, les guides dans les montagnes, les gymnastes affirment aussi qu’ils ne sont capables de grands efforts que s’ils ne boivent pas de liqueurs alcooliques.
Les ouvriers qui s’excitent au travail par l’alcool, ne font pour leur corps que ce qu’un cocher brutal fait avec ses chevaux quand il les excite d’un coup de fouet à un effort extraordinaire.
C’est aussi une erreur de croire que l’alcool réchauffe quand on ressent du froid ; sans doute, quand on en a bu, on éprouve une chaleur factice, parce que l’alcool augmente l’activité du cœur et la circulation du sang, et pousse le sang dans les artères, mais bientôt le froid devient plus intense.
Aussi les explorateurs du Pôle Nord, comme Nansen, ne prenaient point d’alcool et le regardaient comme dangereux
Les boissons alcooliques sont donc menteuses, puisqu’elles ne font qu’étourdir les sensations de la faim, de la fatigue et du froid, sans les enlever, et non seulement elles trompent, mais elles tuent, comme nous allons le voir.
III] L’usage immodéré des boissons alcooliques attire sur les buveurs et leur famille des malheurs de tout genre
6339939867_fcabbdbf7e_zIl cause de nombreuses maladies et amène un dépérissement moral. Le nombre des victimes des guerres les plus sanglantes est bien minime en comparaison des ravages que l’alcoolisme fait au milieu des peuples.
La statistique prouve que 75 pour cent des malades dans les hôpitaux sont des buveurs invétérés. 90 pour cent de ceux qui meurent de la tuberculose sont des alcooliques. Voici quels sont sur le corps les effets pernicieux de l’alcool pris en quantité immodérée : 1) Il détruit les muqueuses de l’estomac, enlève l’appétit et cause des maladies d’estomac ; 2) Il attaque le foie, dont il produit l’induration et le rétrécissement ; 3) Il nuit au cœur qu’il distend et dont il précipite trop les mouvements ; 4) Il produit des insomnies suivies de congestions au cerveau, et quelquefois d’apoplexie ; 5) Il enflamme le larynx, ce qui donne de l’enrouement et obscurcit la voix ; 6) il produit souvent l’hydropisie ; 7) Il engendre la goutte dans les membres ; 8) Il affaiblit la force de résistance du corps contre les maladies.
Evidemment toutes ces maladies ne se déclarent pas à la fois chez un buveur, mais l’alcool attaque la partie du corps qui est plus faible et offre moins de résistance. Le pire, c’est que, chez un buveur, l’on ne reconnaît la maladie que quand la médecine devient impuissante à la conjurer. L’usage immodéré de l’alcool affaiblit aussi l’intelligence et surtout la mémoire ; le buveur agit donc souvent sans réfléchir et ne tient pas sa parole.
L’alcool démoralise aussi, c.-à-d. qu’il rend le caractère mauvais. Les alcooliques deviennent querelleurs, grossiers, débauchés, criminels ; ils sont dissipateurs et précipitent leur famille dans la misère, parce qu’ils portent au cabaret leur salaire tout entier ; ils deviennent paresseux, redoutent le travail, parce que l’alcool alourdit le corps et le rend incapable de supporter la fatigue. L’alcool compromet aussi la postérité, car les enfants des buveurs sont souvent idiots et expient les excès de leurs parents alcooliques.
IV] L’abstinence totale ou partielle de l’alcool répond à l’esprit du christianisme et est devenue une nécessité de notre époque
Jésus-Christ exige le renoncement à soi-même en disant : « Qui veut me suivre, se renonce à lui-même. » (S. Marc. VIII, 24).
Chacun doit donc s’exercer à ce renoncement, ce qui peut se faire aussi en s’abstenant de certains aliments on de certaines boissons : s’abstenir d’alcool est donc une œuvre vraiment chrétienne. Déjà le précurseur S. Jean-Baptiste s’abstenait, pour obéir à Dieu, de vin et de boissons enivrantes (S. Luc. 1, 15).
La lutte contre l’alcoolisme est aujourd’hui nécessaire en raison des circonstances de l’époque : dans tel pays on boit 10 à 30 fois plus d’alcool qu’il y a 50 ans ; on boit continuellement: au départ pour un voyage, au retour ; dans les événements joyeux ou tristes ; aux baptêmes et aux funérailles ; dans la chaleur pour se rafraîchir, dans le froid pour se réchauffer ; dans l’insomnie pour se faire dormir, dans la somnolence, pour se tenir éveillé.
C’est surtout parmi les étudiants des hautes classes que le mal a empiré ; quiconque ne passe pas le temps précieux des études à se livrer à la boisson, n’est que trop souvent l’objet du mépris de ses camarades. Il faut réagir contre ces abus, si l’on ne veut pas que l’humanité périsse physiquement et intellectuellement.
Aussi, à notre époque des médecins distingués et des évêques (le cardinal Manning en Angleterre, Mgr. Egger en Suisse) ont élevé la voix pour combattre l’alcoolisme. Voyant que les avertissements avaient peu de succès, ils ont fondé des sociétés de tempérance pour détruire l’habitude de boire, et ces sociétés comptent en Angleterre et dans l’Amérique du Nord plusieurs millions d’adhérents.
Ceux-ci s’obligent, par leur signature, à s’abstenir d’alcool entièrement ou au moins à certains jours de la semaine pendant une période déterminée. Celui qui viole sa promesse ou ne veut plus la tenir, s’engage à renvoyer à la société son diplôme d’admission. On nomme ces sociétaires des abstinents ou tempérants. Plusieurs gouvernements protègent ce mouvement qui ne cherche que le bonheur du peuple : en Belgique, par ex., on traite chaque semaine pendant une demi-heure dans les écoles la question de l’alcoolisme. Dans les écoles de l’Amérique du Nord, on s’occupe de l’hygiène et de l’alcoolisme, et par là les enfants sont devenus des apôtres parmi les hommes.
Celui qui boit chaque jour des liqueurs alcooliques, doit, d’après le conseil de célèbres médecins, s’abstenir absolument d’alcool, de temps en temps pendant quelques jours, par égard pour sa santé, afin que le corps puisse éliminer le poison absorbé et reprendre des forces. En agissant ainsi, on devient plus dispos, plus apte au travail. Cependant on n’exige pas – et ce serait nuisible à la santé — qu’un abstinent se prive des liquides que notre corps réclame absolument.
Catéchisme catholique populaire – François Spirago (1903)
Advertisements
Cet article a été publié dans Divers Eglise, Doctrine, Drogue. Ajoutez ce permalien à vos favoris.