L’égalité absolue parmi les hommes est une utopie mortifère

tumblr_n5qq3qMCTA1s3sc51o1_500Quelques principes socialistes sont absolument inapplicables, d’autres sont théoriquement admissibles, mais ne pourraient être appliqués en pratique sans entraîner des conséquences désastreuses.
L’égalité absolue parmi les hommes est une utopie, surtout l’égalité dans le partage de la propriété. Si en effet l’Etat donnait à chacun ce qui lui est nécessaire pour vivre, rien n’empêche de supposer que quelques-uns ne le consommeraient pas en entier et le mettraient en réserve, ce qui constituerait déjà une inégalité. Mais forcer à rendre ce que l’on aurait économisé, serait la pire des tyrannies.
L’égalité absolue est irréalisable encore sur d’autres points : l’inégalité est la loi de la nature et de la nature humaine, et il est impossible de supprimer les inégalités résultant de l’âge, du sexe, de la santé, de la force corporelle, des talents, et notamment du caractère et de la moralité.
Or, ces diversités entraînent nécessairement une diversité de situation sociale et de propriété. II ne peut pas y avoir d’armée toute entière d’officiers ou de simples soldats, de même la société est impossible sans diversité.
Il faudra toujours des citoyens qui s’occupent des affaires de l’Etat, de la législation, de la justice, de l’administration, de l’organisation militaire, et ces hommes prendront d’eux-mêmes un rang plus élevé parmi leurs concitoyens, parce qu’ils contribuent d’une façon plus élevée à l’intérêt général (Léon XIII). Les socialistes eux-mêmes accordent à leurs chefs des situations exceptionnelles.
Le bonheur parfait ici-bas est irréalisable ; quelque progrès et quelque effort que l’on fasse, on ne pourra jamais supprimer les souffrances, les maladies, la mort, etc. La souffrance et la douleur sont le patrimoine de l’humanité sur terre ; la vie consacrée uniquement au plaisir et au repos n’existe pas. (Léon XIII).
Du reste le bonheur ne se trouve pas dans les jouissances matérielles, mais en Dieu. Jusqu’à la fin du monde, il y aura des vicieux, des criminels — et des pauvres, selon les paroles de Jésus (S. Jean XII, 8).
La nationalisation de la propriété personnelle serait d’ailleurs impossible sans une notable effusion de sang, car peu d’hommes se laisseraient déposséder sans résistance, et le partage une fois effectué, il y aurait de cruels actes de vengeance du côté de la minorité opprimée. La communauté des femmes surtout provoquerait les crimes les plus affreux.
En somme les classes ouvrières, en faveur de qui ce partage serait fait en profiteraient le moins (Léon XIII), car tel ouvrier est plus adroit, plus laborieux que tel autre, et il n’aurait que le salaire uniforme, ce qui provoquerait un mécontentement général. Le socialisme ne serait réalisable que dans une société qui n’aurait ni amour pour la liberté, ni besoin de progrès ; cette humanité n’existe pas, pas même chez les barbares, l’homme en effet n’est pas une bête.
Le socialisme détruirait la civilisation, car il paralyserait tout ressort de progrès et de perfectionnement (Mgr. Eetteler). Personne ne se soucierait de chercher une invention, puisqu’il se saurait privé d’avance de tout avantage et que toute invention réclame de grands sacrifices d’argent. La société socialiste ne serait qu’un troupeau d’esclaves.
Personne non plus ne se soucierait de travailler, puisqu’il se fierait à la prévoyance de l’Etat ; la paresse, la négligence auraient quasiment une prime au plus grand détriment de la société. Dans quelques lies de l’Australie, il existe un certain collectivisme, en ce sens que l’Etat est propriétaire de toutes les terres. La conséquence en est que la plupart des habitants ne travaillent pas, et sont exposés à la famine, malgré la grande fertilité du sol ; pour se nourrir, ils s’adonnent au cannibalisme.
Catéchisme catholique populaire – François Spirago (1903)
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