Savoir affirmer les vérités qui choquent

Toute-véritéCe qu’on croit vrai, il faut le dire et le dire hardiment ; je voudrais, m’en coûtât-il grand-chose , découvrir une vérité pour choquer tout le genre humain : je la lui dirais à brûle-pourpoint.
Joseph de Maistre (1753 – 1821)

La confirmation par l’expérience d’une vérité que l’on avait affirmée avec insistance, mais que personne, d’abord, n’avait crue, exerce une puissante influence sur les esprits.
J’irais jusqu’à croire que, de tous les moyens de convaincre, c’est là le plus puissant. C’est une illustration de la doctrine fondamentale, qui veut que la vérité confirme la vérité.
Si vous racontez à un homme une chose qui lui paraît stupide, impossible, simple cliquetis de paroles, alors que vous, personnellement, vous savez fort bien, par expérience que cette chose est réelle et conforme à la vie, alors la vérité sera corroborée dans son esprit : elle s’imposera avec beaucoup plus de force que s’il n’avait jamais douté.
C’est la raison pour laquelle il vaut toujours la peine, à mon avis, de travailler d’arrache-pied à propager des vérités que l’on sait importantes, même celles qui paraissent aux autres complètement absurdes lorsqu’ils les entendent pour la première fois. Car, bien que vous puissiez fort bien mourir avec la réputation d’un homme extravagant et même celle d’un fou, la réalité, néanmoins, viendra couronner vos efforts en son temps.
Et quand bien même ce couronnement de vos efforts, le triomphe de la vérité, ne devrait jamais être associé à votre propre nom, il vaudrait encore la peine de l’entreprendre, par égard pour la vérité, à laquelle, c’est ma conviction, nous devons une sorte d’allégeance : non parce qu’elle est la vérité – on ne peut rendre aucune allégeance à une abstraction – mais parce quechaque fois que nous maintenons instamment une vérité nous rendons témoignage au Dieu tout puissant.
Il n’est guère fréquent, à notre époque, de rencontrer, dans l’espace d’une vie, des hommes décidés à proclamer des vérités non reçues, ou mal reçues, ou inconnues ; parce qu’il faut que des hommes pareils aient à souffrir. Et bien peu, aujourd’hui acceptent de souffrir sinon contre quelque rétribution. »
Hilaire Belloc (1870-1953), The Cruise of the Nona – Source
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