Le modernisme, cet animal insaisissable, ennemi mortel de l’Eglise

27Les gens de nos jours ne sont ni normaux ni raisonnables.
Toute l’histoire ne montre pas de fléau comparable.
« De par sa nature, le modernisme est nécessairement un animal insaisissable ». Le modernisme étant l’ennemi mortel actuel de l’Église catholique, on ne peut jamais assez l’analyser. En tant qu’ennemi particulier de l’Église, on peut le définir comme un mouvement de pensée et une croyance qui stipule qu’il faut adapter l’Église au monde moderne, en changeant la substance du catholicisme tout en maintenant ses apparences.
Cette erreur terrible a gagné des Catholiques sans nombre dès le moment où il obtint l’approbation officielle du sommet de l’Église durant Vatican II, et par la suite il a mené beaucoup de cardinaux, d’évêques et de prêtres sur la voie de la perdition éternelle, sans oublier les laïcs qui les suivent, en minant à sa racine leur foi. Voyons pourquoi il est si insaisissable, comme rien d’autre.
C’est un animal insaisissable car, à l’instar de toutes les hérésies, il fallait qu’il se déguisât pour paraître acceptable aux croyants catholiques. Aussi s’exprime-t-il constamment en formules ambiguës, explicables à la fois dans un sens catholique ou anticatholique. C’est pour cela que Vatican II est ambigu du début à la fin, recourant à des formules capables de se faufiler et de glisser entre l’Église et le monde moderne, de manière à y cacher la contradiction fondamentale entre les deux.
Pour Paul VI, croyant à la fois profondément et en le monde et en l’Église (tels qu’il les concevait), de telles formules étaient instinctives et abondantes. Les documents de son Concile, Vatican II, sont truffés d’ambiguïtés. D’ailleurs, par ces ambiguïtés, Paul VI croyait vraiment qu’il allait sauver l’Église et le monde, exactement comme Mgr Fellay espère maintenant qu’en parlant des deux côtés de sa bouche il sauvera et la Tradition catholique et les autorités Conciliaires. Vain espoir ! Dieu « déteste la langue double » (Prov. VIII, 13). Celle-ci a toujours servi à duper les Catholiques pour leur faire perdre la foi.
Mais plus qu’insaisissable, le modernisme est de toutes les hérésies uniquement insaisissable car, comme le dit saint Pie X dans Pascendi, il est l’hérésie des hérésies, tel un égoût central qui recueille la crasse de tous les égouts mineurs ou de toutes les hérésies particulières.
Ceci s’explique du fait qu’il est le produit (et le producteur) d’esprits qui n’ont plus aucun ancrage dans quelque vérité ou réalité que ce soit, en sorte que dans le modernisme toute contre-vérité ou hérésie se sente parfaitement chez elle. Ceci n’est possible que parce que son principe fondamental est philosophique, la supposée incapacité de l’esprit humain de connaître quoi que ce soit au-delà des cinq sens externes de l’homme.
Un tel esprit est comme une sale bouteille de vin. Elle salit tout ce qui y est versé, même le vin le plus fin ou la vérité la plus sublime. Tandis que toute autre hérésie affronte une vérité particulière de la foi, l’erreur philosophique à la racine du modernisme sape la vérité universelle, même lorsqu’elle fait semblant de professer telle vérité en particulier. Par exemple, Benoît XVI serait sans doute horrifié si on l’accusait de ne pas croire en tel Article du Credo, mais cela ne l’empêcherait pas de les saper tous et chacun en les « mettant à jour ».
Or, jamais comme aujourd’hui autant d’esprits ne se sont-ils décrochés de toute vérité objective, un tel décrochage étant la libération finale de l’homme par laquelle la réalité ne peut plus s’imposer à moi, alors que moi je peux m’imposer à toute réalité. J’ai pris la place de Dieu.
Ainsi, trop de Catholiques s’étant laissés infecter par le monde d’aujourd’hui, ils accueillirent le modernisme lorsqu’il ressurgit à Vatican II, car voila : le Pape lui-même qui mettait le sceau apparent de l’approbation catholique sur le modernisme, et désamorçait par là toute la Vérité catholique. Désormais les Catholiques étaient libres, tout en restant Catholiques. Criez la liberté à travers l’Église !
Alors, comment s’y prendre avec cet « animal si insaisissable » ? Sûrement pas en se rendant à Rome pour socialiser avec ses principales victimes et auteurs, les officiels actuellement au sommet de l’Église. Satan lui-même n’a peut-être pas la cuillère assez longue pour souper avec ces renards, ces requins et ces loups (objectifs), d’autant plus dangereux de par leur possible ignorance (subjective) de leur propre condition fatale.
Priez le Rosaire de Notre-Dame pour qu’elle entoure vos têtes et vos cœurs de sa propre armure protectrice.
Kyrie eleison.
Mgr Williamson – Commentaire Eleison n°448
Publicités
Cet article a été publié dans Mgr Williamson, Vatican II. Ajoutez ce permalien à vos favoris.