1793 : le véritable bilan du génocide vendéen

5144444-7677643Élève du professeur Jean Meyer, un malgré-nous qui avait réussi à s’enfuir de l’armée allemande pour se réfugier chez les Soviétiques, puis les Américains, donc un chercheur extrêmement sensible aux silences de l’Histoire, Reynald Sécher commence son travail par un carottage sur son village natal : La Chapelle Basse-Mer.
Contrairement aux discours universitaires qui expliquaient qu’on ne pouvait travailler sur ce thème faute d’archives, il découvre une documentation impressionnante tant publique que privée et une mémoire populaire relativement intacte.
Grâce à ce travail de fond, il découvre deux faits majeurs. Si les Chapelains, nom des habitants, sont favorables dans un premier temps à la Révolution, comme l’ensemble des Français d’ailleurs, ils s’en détournent rapidement en raison des lois liberticides et confiscatoires prises notamment à l’encontre de l’Eglise et de ses membres.
Le second fait est lié à la répression tant au niveau humain que matériel : plus de 850 personnes sont massacrées (80% sont des femmes, des enfants et des vieillards), sur un population de 3250, 360 maisons sont détruites sur un capital immobilier de 962, ce qui correspond à 51% de la valeur totale. (…)
Pour mener à terme son travail, Reynald Secher va s’appuyer exclusivement sur les archives, notamment celles des militaires en charge de ces opérations et celles des politiques locaux et nationaux déposées au sein des archives publiques.
Grâce à ses méthodes rigoureuses, il réussit à évaluer le nombre des disparus sur l’ensemble du territoire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes puisque sur une population évaluée à 815 000 habitants sous l’Ancien Régime, au minimum 117 257 Vendéens ont disparu, soit plus de 14%.
En données absolues, le Maine-et-Loire est le département le plus touché avec 44 107 habitants en moins ; ensuite vient la Vendée avec 30 711 habitants, puis la Loire-Atlantique avec 26 897 et les Deux-Sèvres avec 15 542.
En pourcentage, le Maine-et-Loire perd plus de 20% de sa population, les Deux-Sèvres plus de 15%, la Loire-Atlantique 13% et la Vendée, du moins la partie concernée, plus de 14%.
Grâce aux registres clandestins rédigés par une centaine de prêtres réfractaires, Reynald Sécher démontre que les massacres de masse des femmes, des enfants et des vieillards sont systématiques puisqu’on les retrouve à travers tout le territoire de la Vendée militaire. (…)
Reynald Sécher réussit à évaluer le nombre de maisons détruites et les pourcentages par rapport à l’habitat existant. Pour le sud de la Loire Atlantique (76 communes), le nord-ouest des Deux-Sèvres (70 communes) et le nord-est de la Vendée (38 communes), 10 309 maisons incendiées, au minimum, ont été recensées sur un capital immobilier de 56 760 maisons, soit 18,16% de destruction.
Sylvain des Rochettes – Civitas – décembre 2015
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