L’Eglise ne doit pas s’adapter au monde

pt43092Le grand danger que court aujourd’hui l’Église c’est de vouloir s’adapter ; qu’elle résiste à cette perpétuelle tentation ! Ce n’est pas à elle d’accommoder son message, mais aux civilisations de se l’assimiler. Qu’elle renforce donc son intransigeance ! Qu’elle n’écoute pas les appels trompeurs que l’Esprit mauvais murmurait déjà à l’oreille du Sauveur !
Aujourd’hui, tout l’invite à oublier sa mission essentielle, qui est de donner aux hommes, sans concessions, les « paroles qui ne passent pas « . Si elle renonce à ce monopole, pour de problématiques accroissements, c’en est fait d’elle. Car l’Église n’est pas de ce monde.
Elle est le royaume de Dieu ; bien loin de s’essayer à l’impossible tâche de combler le fossé qui la sépare de la terre, elle doit, sans se lasser, rester en dehors et au-dessus des fluctuations successives.
La seule attitude de Église, c’est la Rupture. Sur le plan de la doctrine, cela se traduira par un retour intégral aux formes traditionnelles, référence aux textes officiels qui garantissent la rectitude et renforcent l’apologie.
Surtout pas d’accommodations : elles conduisent à tous les abandons. La « vérité » dans sa dureté, sans gauchissements.
« Essor ou déclin de l’Eglise ? » lettre pastorale, Carême de l’an de grâce 1947, Emmanuel Suhard (5 avril 1874 – 30 mai 1949)
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