L’islam s’est toujours servi de l’Afrique pour menacer l’Europe


c1047-426X500Autant que l’érudition moderne a pu l’établir, « l’Afrique occidentale préislamique, sauf quand elle était victime de raids sahariens, menait une vie plutôt pacifique » (R. Mauny), dans un isolement remontant à la préhistoire.
Il n’est pas certain qu’il y ait eu des esclaves. L’Empire du Ghana (apogée vers 1050), celui du Mali (apogée vers 1300) montraient dans plusieurs cités un embryon d’organisation. L’Afrique orientale, plus évoluée, était en relation avec l’Arabie.
Rayonnant en Afrique Noire dès le début de l’hégire, l’Islam a élevé matériellement le niveau de vie des populations, mettant fin aux sacrifices humains, apportant une écriture, développant un certain commerce, fondant quelques écoles coraniques.
Le résultat moral n’a pas été de même niveau car, sans cadres ecclésiastiques, les noirs se sont satisfaits que de rites extérieurs n’éclairant pas intérieurement leur vie, ne changeant rien à leurs mœurs. En contrepartie l’Islam a introduit deux plaies qui ont dépeuplé le continent noir : la guerre « sainte » entre musulmans et non-musulmans (le Ghana, le Mali, le Shongai, le Kanem ont été gagnés à l’Islam à partir du Xè siècle. Ce sont les guerres saintes ultérieures qui ont détruit ces Empires, non l’Occident) et la traite des noirs.
Il était interdit aux musulmans d’avoir comme esclaves d’autres musulmans. Il fallait donc en chercher ailleurs. On estime à plusieurs millions le nombre d’esclaves noirs razziés par l’Islam dans l’Afrique médiévale, bien avant la découverte de l’Amérique et bien avant par conséquent que les Européens commencent à en faire autant.
« Le chiffre des pertes en vies humaines pour rassembler tous ces captifs est à multiplier par 3 ou 4 au moins. » (R. Mauny). La Mésopotamie par exemple était cultivée par d’énormes masses d’esclaves noirs. Même si la traite européenne a ensuite porté sur des chiffres du même ordre, la ponction opérée par l’Islam au cœur d’un continent alors moins peuplé a été relativement plus meurtrière.
Ce n’est donc pas l’Occident, c’est l’Islam qui, le premier, a désorganisé l’Afrique, continuant d’ailleurs le trafic négrier au XIXè siècle, et même au XXè, bien après que l’Occident l’eût arrêté.
L’histoire de l’or africain, si l’on pouvait la reconstituer complètement, serait également édifiante. L’Egypte des Pharaons a dû en partie sa puissance à l’or que des nuées d’esclaves « lavaient » en Nubie et dans le bassin du Haut Nil. Le système fit tâche d’huile. Avec l’Islam on se mit à extraire de l’or de tous les placers du Soudan et d’Afrique tropicale. Et l’or partait, sans grande compensation pour les indigènes, enrichir les Etats musulmans de Berbérie, qui devinrent « les ravitailleurs en métal jaune, le moteur de toute la Méditerranée ». (F. Braudel)
L’Espagne ne bénéficiait pas encore de l’or et de l’argent d’Amérique. N’ayant comme richesse que le travail de ses agriculteurs, la Chrétienté manquait de numéraire. « On peut se demander si la primauté militaire et économique de l’Islam (en Méditerranée) n’aurait pas été fondée en dernier ressort sur de bonnes finances résultant de l’afflux constant de l’or du Soudan ». (Mauny)
En exagérant à peine, on pourrait dire que c’est grâce aux esclaves noirs, main-d’œuvre à bon marché, et à l’or extrait par ces esclaves – c’est-à-dire, au total, grâce à l’Afrique -, que l’Islam est arrivé à menacer l’Europe.
Précédent historique à ne pas oublier.
Amiral Paul Auphan – Histoire de la décolonisation (1975)
Publicités
Cet article a été publié dans Afrique Noire, Amiral Auphan, Esclavage, Islam. Ajoutez ce permalien à vos favoris.