Les jours de repos sous l’Ancien Régime

balSous l’Ancien Régime, les lois de l’Église garantissaient au travailleur 90 jours de repos (52 dimanches et 38 jours fériés) pendant lesquels il était strictement défendu de travailler. C’était le grand crime du catholicisme, la cause principale de l’irréligion de la bourgeoisie industrielle et commerçante.
Sous la Révolution, dès qu’elle fut maîtresse, elle abolit les jours fériés et remplaça la semaine de sept jours par celle de dix [le décadi]. Elle affranchit les ouvriers du joug de l’Église pour mieux les soumettre au joug du travail.
La haine contre les jours fériés n’apparaît que lorsque la moderne bourgeoisie industrielle et commerçante prend corps, entre les XVe et XVIe siècles. Henri IV demanda leur réduction au pape ; il refusa parce que « l’une des hérésies qui courent le jourd’hui, est touchant les fêtes. » (lettre du cardinal d’Ossat).
Mais, en 1666, Péréfixe, archevêque de Paris, en supprima 17 dans son diocèse.
Le protestantisme, qui était la religion chrétienne accommodée aux nouveaux besoins industriels et commerciaux de la bourgeoisie, fut moins soucieux du repos populaire ; il détrôna au ciel les saints pour abolir sur terre leurs fêtes.
La réforme religieuse et la libre pensée philosophique n’étaient que des prétextes qui permirent à la bourgeoisie jésuite et rapace d’escamoter les jours de fête du populaire.
Paul Lafargue, gendre de Karl MarxLe droit à la paresse (1880)
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